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DEMARCHE CONGRES
MESSAGE POLITIQUE DES CENTRES SOCIAUX ET SOCIOCULTURELS

mardi 27 septembre 2005, La fédération


Dans le cadre de la démarche Congrès, ce texte est en cours de finalisation et est le fruit d'un travail collectif de l'ensemble du réseau des centres sociaux fédérés.

POUR UNE POLITIQUE DU DEVELOPPEMENT SOCIAL DES PERSONNES ET DES TERRITOIRES POUR QUE CHACUN PUISSE ETRE ACTEUR DE SON EXISTENCE ET DE SA VIE SOCIALE

Les centres sociaux, au terme d'une démarche collective faite d'analyses et d'échanges sur la nature de leurs actions et de leurs partenariats, témoignent que les transformations en cours des conditions d'existence mettent en péril le développement individuel et collectif né de la liberté et de la solidarité.

La domination d'une logique économique marchande et de valorisation des capitaux sans régulations politiques, nie de plus en plus les personnes et les rapports sociaux. De plus en plus de personnes sont écartées sans alternatives de l'activité économique et des statuts sociaux qui lui sont attachés.

La perte de crédit des institutions sociales et publiques aux yeux d'individus qui se revendiquent de plus en plus libres, restreint les appuis collectifs pourtant nécessaires au développement personnel et aggrave l'insécurité sociale. La pluralité des références culturelles et des principes de justice fractionnent les solidarités collectives et génèrent de nouvelles injustices. Les revenus de substitution issus de la sécurité sociale ou de la solidarité nationale tendent à constituer, à l'inverse de leur intention initiale, une population de désaffiliés qui est mise en retrait de la vie sociale commune. De plus en plus de personnes cumulent les difficultés au point de ne plus pouvoir faire face à des défis existentiels trop fréquents. Les centres sociaux ne veulent pas accepter cette évolution aux conséquences souvent négatives.

Nous estimons que ces difficultés croissantes renvoient à des recompositions pour les personnes et les institutions : elles activent les tensions entre l'individuel et le collectif, l'humanisme universel et la pluralité culturelle, la créativité et l'établi, le réalisme et l'utopie, le local et le global, l'urgence et le temps long des projets.

Les centres sociaux et socioculturels de France croient, de longue date, en l'homme acteur : quel que soit son statut social, économique, culturel, toute femme et tout homme entend être l'auteur de son existence individuelle et collective. Ils le disent notamment dans la Charte qu'ils ont adoptée en Assemblé générale fédérale en juin 2000.

Les centres sociaux sont des outils communs que se donnent des hommes et des femmes, partageant le même espace de vie, pour développer la capacité de chacun à construire son existence en relation avec autrui et développer une citoyenneté active. Leur méthode propre est d'associer les démarches individuelles à des actions collectives locales à partir des besoins et problèmes concrets vécus par les personnes. Ils mettent en œuvre le principe de la coopération de préférence à celui de compétition. Ils se différencient de l'assistanat qu'elles qu'en soient les formes : la charité traditionnelle, le paternalisme, l'assistance publique. Ils ne distribuent pas d'aides matérielles ou financières. Ils rejètent une relation consumériste dominante. Ils sont des lieux où peuvent se développer des actions engageant les personnes elles-mêmes.

C'est d'ailleurs pour cela que les centres sociaux sont pilotés par des administrateurs bénévoles en coopération avec des professionnels qualifiés capables de « faire avec » plus que de « faire pour ».

Les principes et les modes d'action que les centres sociaux mettent quotidiennement en pratique sont particulièrement pertinents pour dépasser les tensions auxquelles sont soumises actuellement les personnes et les institutions. Ils appellent à la constitution d'une politique du développement social des personnes et des territoires fondée sur la valorisation des capacités d'actions émancipatrices des individus et des groupes, les rendant ainsi acteurs de l'histoire commune. Ils souhaitent apporter leur contribution à cette nouvelle politique de plus en plus nécessaire.

Pour ce faire, les centres sociaux peuvent s'appuyer sur vingt ans de pratiques mises en œuvre avec les CAF et les Mairies en matière de projets de développement social construits de manière participative et partenariale durable, référés aux besoins et attentes des populations de leur territoire de rayonnement. Sur cette base, ils négocient avec les acteurs publics les conditions politiques, réglementaires et financières qui permettent la mise en œuvre d'objectifs partagés. De manière plus récente, les centres sociaux se sont engagés dans l'expérimentation de conventions territoriales, pluri-partenariales (centres sociaux et fédération, CAF, Conseil général, commune, intercommunalité et Conseil régional) et pluriannuelles.

Un projet de cette ambition ne peut prendre forme que s'il met en coopération concrète les acteurs de la société civile et ceux de la société politique. Ils sont prêts à co-construire territorialement avec d'autres réseaux associatifs et avec les pouvoirs publics les dispositifs institutionnels et pratiques adéquats.

Pour affirmer publiquement l'importance de telles démarches et en faciliter la mise en œuvre locale, ils préconisent que soient établis, dans les mois qui viennent, aux échelles nationales et régionales, des pactes de coopération, entre la FCSF, les fédérations et les organisations représentatives nationales et régionales des collectivités territoriales, des OPCI et de l'Etat. Ces pactes prendraient appui, dans une logique de justice sociale, sur les droits reconnus, par les législations françaises et européennes, aux personnes et aux associations. Ils énonceraient les valeurs communes, ils garantiraient l'autonomie négociée du projet du centre social et sa stabilisation financière et les principes d'action propices au développement social des personnes et des territoires.

« Un autre quotidien est possible, solidaire et citoyen »

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AUTEUR :
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