Monsieur le Président, Mesdames et messieurs les administrateurs,
Je parle au nom de l'ensemble des personnels. Il faut que vous sachiez qu'ils se réunissent en assemblée générale toutes les semaines depuis la rentrée. Ils ont été sont abasourdis par la brutalité de l'annonce de la réduction de la masse salariale et les modalités de cette annonce. Mais, cependant , ils ne sont pas très étonnés. Depuis plusieurs mois ils vont à la pêche aux informations pour essayer de comprendre quelle politique de jeunesse, de vie associative et d'éducation populaire, l'Etat entend mettre en œuvre, et quelles missions il entend confier à l'INJEP pour contribuer à cette politique publique.
Nous savons que nos collègues de l'administration centrale, des services déconcentrés, des CREPS , ne sont pas mieux lotis et nous pensions bien que nous n'échapperions pas à la logique comptable de la RGPP. Les orientations budgétaires sont explicites. Le projet de budget 2009 est en baisse de 5% par rapport à 2008 A l'intérieur de ce budget en diminution le sport de haut niveau tire son épingle du jeu (+4%) et c'est le secteur de la jeunesse et de la vie associative qui va pâtir le plus de cette politique . Nous savons donc que les associations de jeunesse et d'éducation populaire vont aussi en pâtir gravement .
On nous dit, il faut moins d'Etat et mieux d 'Etat. On se demande maintenant s'il restera une même petite intervention de service public sur le champ de la jeunesse et de la vie associative.
Il y a tout de même des seuils à partir desquels nous ne pourrons plus agir. On voudrait totalement asphyxier l'établissement d'ici 2011 qu'on ne s'y prendrait pas différemment.
On nous annonce une réduction de la masse salariale mais rien d'autre. C'est à se demander s'il existe un projet pour cet établissement. Ce qui est certain c'est qu'il ne se dégage pas des informations disparates que nous avons pu glaner jusqu'à présent.
Pèle mêle et sans remonter bien loin que nous dit-on ?
Que nous sommes un opérateur du ministère et que nous avons vocation a être regroupés avec d'autres (rapport RGPP 4 avril))
Que notre sort est peut-être bien lié à celui d'une maison de la mobilité, mais qu'il fallait attendre un rapport à ce sujet. On n'entend plus parler de ce scénario. Où en est ce rapport, que préconise-t-il ? pourquoi n'est -il pas diffusé ?
Qu'il faut recentrer l'institut sur la recherche, c'est ce qu'a dit Bernard Laporte ici même cette année : « l'action de l'injep sera rendue plus lisible avec un recentrage fort autour des études » Mais comment ? avec qui ? je signale qu'il y a 2 mois, on a d'amblée supprimé deux postes de chargés d'études à l'UREF sans préalable, sans débat. Avec quelle cohérence ?
Qu'il fallait attendre un nouveau statut. On nous l'a annoncé à maintes occasions, les personnels ont travaillé dessus. Ou en est ce statut ? Un statut au service de quelles missions ?
Heureusement nous avons été réconfortés par la déclaration du Président de la République cet été : « je crois à l'éducation populaire, je crois au mouvement associatif, la France a besoin d'éducation populaire. Avec Bernard Laporte on soutiendra l'éducation populaire de façon totale. » On s'est dit que l'institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire était bien placé dans cette optique.
Y a-t-il maintenant des données plus claires ? Oui, la masse salariale doit être réduite de moitié d'ici 2010. Environ 40 personnes doivent partir d'ici 10 mois .
Ils se trouve que ces personnels travaillent, produisent et assurent des missions , mettent en œuvre des compétences très spécifiques et pointues.
J'avais prévu de vous parler des 3 000 journées stagiaires que nous organisons et encadrons, de la recherche internationalement reconnue, de la revue maintenant classée par l'Agence nationale de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur, où le fait de publier est pris en compte dans la carrière d'un chercheur, j'aurais pu parler de nos sites, des 22 000 ouvrages que nous éditons par an… A quoi bon, aujourd'hui nous sommes considérés non pas pour ce que nous produisons mais pour ce que nous coûtons. Nous ne sommes qu'une masse salariale.
40 personnes seront parties d'ici septembre prochain. Sur quels critères va-t-on choisir ceux qui partent et ceux qui restent ? Leur statut ? Leur fonction ? Leurs compétences ? Leur âge et la proximité de leur départ en retraite ? Leur ancienneté, le coût de leur salaire ? Ou bien sur les projets que l'on va assigner à un INJEP restructuré ? Encore faudrait-il une intention, un projet. Nous ne le voyons pas. Nous ne comprenons même pas la logique comptable. Quelle économie pour l'Etat quand les fonctionnaires qui auront quitté l'Injep seront payés ailleurs, quand les contractuels seront indemnisés suite à la rupture de leur contrat ?
Les personnels nous ont mandatés pour vous dire 1- Qu'ils entendent témoigner leur solidarité avec les collègues de "jeunesse et sport " et les associations victimes de la même logique de désengagement de l'Etat 2- Qu'ils s'opposent au gâchis qui vise à détruire un outil au service des politiques de jeunesse et d'éducation populaire 3- Qu'il y a urgence : ils ne peuvent plus rester dans l' incertitude, je rappelle qu'ils ont pour certains 2 mois devant eux. 4- Qu'ils ne laisseront pas les décisions se prendre en jouant le statut de certains contre le statut des autres . 5- Qu'ils veulent savoir maintenant comment l'Injep doit perdurer, sur quelles missions, et sous quelle forme ? Sur ce site ou ailleurs ? 6- Qu'ils attendent de leur tutelle dont on nous dit que son rôle est renforcé, de prendre cette responsabilité et d'annoncer des priorités .
Nous demandons 1- Que soit rendues publiques les différents scenarii. Que nous soit présenté un véritable projet pour l'Injep auquel le personnel serait réellement associé et non pas seulement informés 2- De ne pas être informés au dernier moment, d'un projet élaboré sans concertation : à l'heure actuelle, les chefs d'unité sont dans l'ignorance des personnels sur lesquels ils vont pouvoir compter ni même si leurs unités seront maintenues. 3- Qu'en tout état de cause il n'y ait aucun départ sans accompagnement à travers la mise en place d'une cellule de reclassement disposant de réels moyens
Je vous remercie
Annie OBERTI Représentante élue des personnels au conseil d'administration de l'Injep. Marly le roi, le 13 octobre 2008